Lutte contre l'ambroisie

Ambroisie, danger !

allergies symptomesL’ambroisie est une plante annuelle exotique dont le pollen est un des plus allergisants que l’on connaisse. Le pollen d’ambroisie provoque chaque année des réactions allergiques plus ou moins violentes chez 20% de la population dans nos régions. Dans 50% des cas les personnes sensibles (dont des enfants) font de l’asthme et doivent être couvertes par un traitement à base de cortisone.

L’ambroisie ne cesse de proliférer en Rhône-Alpes et ailleurs en France. Une récente étude de l’Observatoire Régional de la Santé RA (2015) montre que la prévalence de l’allergie au pollen d’ambroisie, c’est-à-dire le nombre de malades, a DOUBLE en 10 ans, passant de 11% à 20% de la population. Si on ne met pas en œuvre des moyens sérieux pour contrôler cette plante, on risque de la voir s’implanter définitivement en France. Que penseront alors nos descendants de nous ?

Brève histoire

L’ambroisie a été repérée pour la première fois vers 1850 dans le massif central. Elle y serait arrivée avec un lot de semences de trèfle en provenance du Canada. Puis elle est arrivée dans la Drôme. Comme elle était inconnue, les anciens l’appelaient « l’herbe à Untel » parce ce qu’elle poussait près de chez lui.

L’ambroisie est restée silencieuse jusqu’au milieu du XXe siècle, ne se développant que par taches ici ou là. Ce n’est qu’avec l’avènement de la mécanisation, à partir des années 1950, avec le développement des tracteurs agricoles et des engins de BTP de plus en plus puissants que l’ambroisie a été dispersée à tout va tout le long du sillon rhodanien. Rappelons que les graines d’ambroisie sont incapables de se disséminer toutes seules, si ce n’est par le ruissellement des eaux. Les graines d’ambroisie ont été massivement dispersées par les activités humaines.

Il faut attendre 1980 pour l’ambroisie soit considérée officiellement comme un problème de santé publique, vu le nombre grandissant de personnes consultant pour de l’allergie au pollen d’ambroisie.

A partir de ce moment les services de l’Etat ont commencé à informer et sensibiliser les différents publics : particuliers, élus et professionnels. Sans beaucoup de succès puisque l’ambroisie a continué sa progression.

Présence sur notre territoire

On estime à 40000 hectares la surface infestée par l’ambroisie en Rhône-Alpes. L’ambroisie colonise également la Bourgogne, le Val de Loire, le Poitou… Le réchauffement climatique la fait remonter en direction de l’Ile de France. On la retrouve partout en Europe autour du 45e parallèle : Italie du nord, Europe de l’Est, sud de la Russie, etc…

ambroisie_graph2Une étude très exhaustive a été menée en 2006 dans la Drôme (sur financement DDASS26) par un botaniste chevronné du MNLE. Sur les 6000 ha infestés d’ambroisie, l’étude a révélé que les ¾ provenaient du secteur agricole, le ¼ restant étant également réparti entre les bords de routes et de cours d’eau,  les tènements publics et les jardins privés. La moitié des ambroisies d’origine agricole provenait des chaumes de céréales.

Moyens de lutte

A partir de 2000, sous la pression d’associations comme STOP AMBROISIE, des arrêtés préfectoraux ambroisie ont été pris dans tous les départements de Rhône-Alpes faisant obligation à tout propriétaire ou exploitant foncier de détruire ses ambroisies avant pollinisation.

 

En 2010, encore sous l’impulsion de STOP AMBROISIE, le préfet de la Drôme a lancé le premier Plan départemental de lutte contre l’ambroisie. Depuis, ce Plan a été étendu à tous les autres départements de Rhône-Alpes. Ces Plans sont basés sur le travail de « référents ambroisie communaux ». Des fiches de mission leur ont été fournies et une formation spécifique leur est proposée. Environ 70% des communes de la Drôme ont nommé un référent.

Ces Référents ont pour rôle de :

  • d’informer la population
  • d’effectuer chaque année en juillet une cartographie systématique des ambroisies de leur commune
  • de veiller à la destruction des plantes par les exploitants fonciers
  • au besoin, des rappels sont faits par téléphone ou par écrit
  • si besoin des mises en demeure sont envoyées
  • en cas de mauvaise volonté avérée, application par le maire de l’arrêté préfectoral avec PV.

 

Les moyens de destruction de l’ambroisie sont bien connus, simples et relativement peu coûteux. Ils demandent seulement de l’attention et de la bonne volonté :

  • arrachage pour les petites surfaces, les jardins particuliers par exemple.
  • Destruction mécanique pour les grandes surfaces : déchaumage, broyage, sarclage,… (milieu agricole, bords de routes, tènements publics)
  • Destruction chimique raisonnée, si pas d’autres solutions.

 

Deux cas difficiles à gérer cependant :

  • les bords de cours. Mais nous n’en avons quasiment pas à Génissieux.

Les cultures de tournesols (ambroisie et tournesols ont le même cycle de végétation)

Gestion de l’ambroisie sur la commune de Génissieux

Depuis 2008 la surveillance de la commune est assurée par un Référent ambroisie communal.

Chaque année, à la mi juillet, le référent commence par parcourir la commune à la recherche de la présence d’ambroisies. Les surfaces infestées varient d’une année sur l’autre en fonction de la météo et des assolements mais en moyenne on trouve environ 85 hectares plus des bords de routes communales et départementales, plus quelques lotissements en travaux.

ambroisie_graph4Au début de l’été il est demandé au personnel communal de veiller à passer un gyrobroyeur sur les bords de routes et à y repasser en septembre si besoin. Il est demandé aux lotisseurs et propriétaires de lots à bâtir de nettoyer leurs terrains. Il faut souvent réitérer la demande.

Du coté du monde agricole, la plupart du temps la destruction des ambroisies est faite spontanément et rapidement après la récolte des céréales (par un déchaumage ou un gyrobroyage si les sols sont trop secs). Dans les autres cas un simple rappel à l’ordre verbal suffit. Le schéma suivant montre l’évolution dans le temps des surfaces traitées. On voit qu’à l’exception des tournesols, les ambroisies ont pratiquement toutes été détruites en fin de saison. Le réensemencement des graines d’ambroisie étant ainsi très limité on peut penser que le stock de graines existant dans le sol est en cours de régression.

En ce qui concerne les cultures de tournesols, une grande attention doit être portée aux conditions du semis, après il est trop tard. Il existe aussi des semences de tournesols adaptées à la lutte contre l’ambroisie.

Les bons résultats obtenus par la gestion de l’ambroisie sur la commune de Génissieux démontrent que le contrôle de l’ambroisie est possible avec un peu de bonne volonté. Mais c’est une question de long terme, il faut donc être persévérant et poursuivre l’effort.
Philippe de Goustine, référent ambroisie.

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