L’ambroisie

L’ambroisie, tout le monde la connait dans la vallée du Rhône. Chaque année, en Aout et Septembre, plus de 20% de la population, soit un habitant sur 5, souffre d’allergies sévères au pollen de cette plante. Outre l’inconfort majeur subi (les yeux qui pleurent et qui grattent, le nez qui coule, les éternuements à répétition, la fatigue mais aussi la nécessité de fermer sa maison et de limiter ses sorties à l’extérieur, etc…), le pollen d’ambroisie provoque des crises plus ou moins sévères d’asthme. Et là, il s’agit d’une vraie maladie. Coût de l’ambroisie pour la collectivité : plus de 50 ME pour la région Auvergne Rhône Alpes.
C’est à la fin du XIXe siècle que les premiers plants d’ambroisie ont été observés dans le Massif Central, à la suite d’importations de semences de trèfle en provenance du Canada. Malheureusement ces lots contenaient des graines d’ambroisie.
Pendant longtemps l’ambroisie est restée cantonnée à quelques territoires sans gêner personne. Ce n’est qu’à partir des années 50 avec l’arrivée du machinisme agricole, le développement des engins de terrassement et la construction des grands barrages sur le Rhône, que les graines d’ambroisie ont été massivement dispersées.
À partir de 1980, les effets du pollen d’ambroisie ont commencé à inquiéter la préfecture de la Drome qui estimait que 5% de la population était affectée. L’ambroisie est alors déclarée « problème de santé publique ».
En 2011, à l’initiative de l’association Stop Ambroisie, le préfet de la Drôme à promulgué le premier arrêté préfectoral ambroisie de France faisant obligation à tout propriétaire ou exploitant foncier de détruire ses ambroisies avant pollinisation (soit avant début août) et en tout état de cause avant la grenaison (soit avant fin septembre). Dans le même temps Stop Ambroisie a demandé au préfet que chaque commune nomme un « Référent ambroisie communal » spécialement chargé de surveiller la commune et d’interpeller les contrevenants. Ces mesures ont depuis été étendues à toute la région Auvergne Rhône-Alpes et au-delà.
Mais les surfaces infestées ont continué à augmenter et le taux de personnes allergiques s’est envolé de 5% à 20% (source ARS), et ce taux continue à augmenter. Il suffit de parcourir la vallée du Rhône en été pour s’en convaincre.
Plus près de nous, nous avons la chance d’avoir une Agglo vertueuse car elle est l’une des seules à accepter (sans y être obligé) de consacrer un budget à la lutte contre l’ambroisie et à organiser des réunions bisannuelles avec les référents communaux, afin de tenter de mobiliser les communes.

Encore plus près, à Génissieux, que se passe-t-il ?
Depuis 2010, soit depuis 16 ans, le même référent ambroisie exerce un contrôle serré sur les surfaces infestées, avec le soutien actif des municipalités. Chaque année un repérage systématique est fait en fin juillet (après les récoltes de céréales). Avec le temps, les exploitants agricoles ont pris la bonne habitude de déchaumer leurs parcelles juste après les moissons et avant que la terre ne sèche. Dans le cas où des parcelles porteraient encore de l’ambroisie, des courriers de signalement sont alors envoyés aux exploitants ou propriétaires avec un objectif de destruction à une dizaine de jours. Il leur est rappelé les termes de l’Arrêté préfectoral n°26-2019-07-05-003 du 5 juillet 2019 ainsi que la gêne que les pollens émis provoqueraient sur une grande partie de la population. La plupart des exploitants s’exécutent sans difficulté. Pour ceux qui ne le feraient pas assez rapidement, un courrier de rappel, aux termes un peu plus fermes, est envoyé. Tout rentre ainsi en ordre à l’exception de quelques cas où la destruction des ambroisies est manifestement difficile voire impossible.
En parallèle, sur le domaine public communal (terrains de sport, cimetière…), les employés municipaux sont instruits pour détruire les ambroisies.
A Génissieux, il y a 15 ans, il était fréquent d’observer environ 100 hectares infestés par l’ambroisie en début de saison. Aujourd’hui, on n’en voit plus qu’environ 30 à 40 ha (selon les assolements et la météo). Soit 2 à 3 fois moins !
La raison de cette baisse drastique ? Les agriculteurs, à force de détruire chaque année les ambroisies avant la grenaison, ont fini par épuiser progressivement le stock de graines d’ambroisie dans le sol.
Cette performance remarquable obtenue à Génissieux, sans le moindre PV et dans le respect de chacun, est à notre connaissance inégalée dans notre Agglo, et même bien au-delà dans la Drôme et en Rhône Alpes. La commune de Génissieux peut en être fière.
Cependant, il ne faut pas relâcher l’effort au risque de voir l’ambroisie reconquérir l’espace.
Nous invitons les génissois à signaler en mairie toute surface infestée par de l’ambroisie.
Les génissois respirent donc moins de pollen produit sur la commune mais malheureusement ils n’échappent pas au pollen émis dans les communes voisines, le pollen d’ambroisie, très fin, étant capable de voyager dans les airs sur des dizaines de kms.
Un espoir à l’horizon : Ophraella Communa, petit coléoptère originaire d’Amérique du Nord et prédateur de l’ambroisie. Il a été importé en Italie, dans la vallée du Pô, où il s’est développé et où il a fortement fait chuter la présence de l’ambroisie. Quelques spécimens de ce coléoptère ont été récemment vus dans la région lyonnaise. Souhaitons qu’Ophraella Communa arrive vite chez nous !
Liens utiles :
https://ambroisie-risque.info/
https://www.france-pollens.fr/
https://signalement-ambroisie.atlasante.fr/apropos/pr-sentation
28 juillet 2026 – Philippe De Goustine, Référent Ambroisie Génissieux